Avocate à New York, fille de Sandro : Ketzia Chétrite choisit finalement de faire ses valises.

La marque est née en 2021, en plein confinement, lorsque Ketzia et Sivan Chétrite, alors respectivement avocate et professionnel de l’immobilier, rêvent précisément d’évasion.

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"Pauline, si nous partions cet automne vers les brumes anglaises, qu'emporterais-tu dans ta valise ?" Ma réponse ne fut pas très surprenante. Je venais de refermer mon ordinateur, le cœur encore balayé par les landes de Hurlevent, que j'avais traversées avec Jacob et Margot. Les silhouettes de l'indomptable Catherine dessineront donc mon hiver. Heureux hasard… La nouvelle capsule de Tressé semble tout droit sortie des landes du Yorkshire. Le rouge dans un cardigan court au col cheminée côtelé et aux fermoirs dorés, le noir dans un pull à col montant, ouvert d'un boléro découpé et souligné d'un fin crochet écru, en dentelle d'époque revisitée.

« They've gone through and through me, like wine through water, and altered the colour of my mind. » Catherine.

Parlons maintenant de Tressé. Ketzia Chétrite était avocate en capital-investissement, elle avait même passé le barreau de New York, et son frère Sivan travaillait dans l’immobilier. Mais la mode faisait déjà partie du décor familial : leur mère, Évelyne Chétrite, a fondé Sandro et leur tante, Judith Milgrom, Maje. Enfant, Ketzia passait des heures dans les studios de sa mère à dessiner des silhouettes. À dix ans, elle assiste à un défilé haute couture de Jean Paul Gaultier, souvenir qu’elle cite encore comme fondateur.

Lorsque le frère et la sœur décident de créer ensemble en 2021, le confinement vient bouleverser leurs plans et leur donne paradoxalement leur concept : puisqu’on ne peut plus partir, ils vont construire leurs collections comme les valises d’un voyage imaginaire. La première prend la direction du Sud de la France, suivront l’Espagne, l’Inde, l’Italie et d’autres destinations. Dans chacune, une quinzaine de pièces environ mêlent prêt-à-porter et objets pour la maison : robes, blouses, bijoux, sandales, assiettes ou céramiques, avec l’idée de retrouver ce que l’on aurait aimé rapporter dans ses bagages.

Tressé représente les trois fils formés par Ketzia, Sivan et leur mère. Évelyne ne dessine pas les collections, mais son goût de l’art de recevoir reste une référence. Ketzia raconte notamment avoir grandi devant les tables très colorées qu’elle composait pour les repas familiaux, un talent lui-même hérité de leur grand-mère.

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