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Le jour, elle était consultante pour une agence des Nations unies. Le soir, elle faisait ce que font beaucoup de personnes atteintes d’un goût légèrement envahissant : elle sauvegardait compulsivement sur Internet des objets vintage qu’elle trouvait magnifiques mais qu’elle ne pouvait pas s’offrir.
Après plus de dix ans dans le conseil, elle se lance dans une start-up de climate tech, financée sur ses propres moyens. Budget serré, petite fille alors obsédée par les licornes et, toujours, cette collection virtuelle de jolies choses. Un soir, son compagnon regarde une nouvelle séance de bookmarking et lui pose une question assez simple : pourquoi ne pas essayer d’en vendre ? POUF commence ainsi.
Sauf que son premier instinct commercial est mauvais.
Elle achète des bougeoirs en fer forgé et des cruches en terre cuite, persuadée que c’est ce que les gens ont envie de voir. Elle tente de les mettre en scène dans son propre intérieur, photographie le tout et déteste le résultat. Les images lui paraissent forcées, les objets ne lui ressemblent pas. Elle finit par tout supprimer de son compte Instagram fraîchement créé.
Son obsession à elle, ce sont les arts de la table argentés. Elle commence notamment à chercher les tasses en acier de Guido Bergna, difficiles à trouver en bon état, puis rassemble suffisamment de courage pour contacter quelques stylistes et leur présenter sa sélection. Les premières tasses partent immédiatement. Elle poursuit avec des couverts chinés dans les brocantes françaises, des coquillages en métal argenté et tous ces petits objets domestiques.
Aujourd’hui encore, son critère lorsqu’elle chine pour POUF tient en une seule question : aurais-je envie de vivre avec cet objet ?
Taste
Copenhagen · UN consultant by day · Collector by night · Saved folders · 11 PM scrolling · Guido Bergna · Silver-toned tableware · French brocantes · Setting the table