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La première liaison mode de Yasmine Eslami dure dix ans et s’appelle Vivienne Westwood. Fraîchement sortie du Studio Berçot, la Parisienne part à Londres et entre dans ce qu’elle décrira comme un monde Westwood vingt-quatre heures sur vingt-quatre : elle touche à la presse, au studio, aux castings, aux défilés et travaille sur Red Label. Nous sommes dans les années 90, les tops sont partout et les backstage offrent quelques souvenirs difficiles à inventer : Naomi Campbell chute de ses vertigineuses plateformes sur le podium , Kate Moss défile en mangeant un Magnum.
Yasmine apprend surtout à Londres une certaine liberté, celle des couleurs, du corps et d’une mode qui n’a pas besoin d’être trop sage. Après Westwood viennent Paris, le stylisme et Purple, puis sa propre maison de lingerie en 2010. Elle y transpose cette liberté dans quelque chose de beaucoup plus intime : du tulle, de la dentelle, des couleurs et le moins de matière possible, avec assez de technicité pour soutenir le corps sans jamais le figer. Yasmine insiste d’ailleurs sur un point : elle n’a jamais pensé sa lingerie comme un objet sexuel destiné à séduire, mais d’abord en fonction des femmes qui la portent.
Ses muses sont souvent ses propres amies. Jeanne Damas devient ainsi l’une des premières : encore adolescente, elle pose pour Yasmine sous l’objectif d’Olivier Zahm et donnera son prénom à une ligne de lingerie. Autre jolie boucle avec ses années londoniennes : lors du lancement d’une capsule avec Maison Kitsuné, Kate Moss arrive accompagnée de Vivienne Westwood, achète la collection et se fait photographier en montrant son soutien-gorge.
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Yasmine Eslami · Vivienne Westwood · Les liaisons dangereuses · London in the 90s · Parisian lingerie · Naomi Campbell · Kate Moss · Magnum on the runway · Platform shoes · Red Label