In my lovers, books & unmade beds era. Project 213A entre dans la chambre.

Dans ma chambre idéale, tout le monde a un rôle. Les livres musardent, les draps s'étirent et bâillent, et les meubles montent sur les planches. Ceux de Project 213A arrivent du Portugal. Fondé par Jurgita Dileviciute, Theresa Marx et Clément Deboeuf, le studio y possède ses propres ateliers de bois et de céramique et travaille avec des artisans locaux.

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Ma chambre ? Un vaudeville permanent. Certains matins, le rideau se lève à 5 heures : j'ouvre Word et le noie sous des centaines de mots. D'autres, je ne fais rien. D'autres encore, je pousse des cris d'animaux pour réveiller Sonia, la chatte des voisins. Aujourd'hui, Priya arrive avec les croissants. Elle a booké un avion pour rejoindre son crush, took the risk, et a repris un vol retour aussitôt arrivée. Discussion sur l'oreiller needed : rideaux fermés, lampe Coquette Project 213A en soubrette indiscrète allumée. Ici, il fait encore nuit, et tant qu'il fait nuit, Priya n'a jamais pris cet avion. On remonte le temps.

Acte II. 21 heures. Je blâme mon amant pour le désordre qu'il a causé, embrasse sa vivacité, regrette les décisions prises dans la journée, refuse de me conformer en lisant Fuck Circus d'Esther Teillard, mets les jambes en l'air contre le mur parce que « ça aide à la circulation », allume la lampe céramique rouge et or qui rougeoie Project 213A pour regarder mon ombre s'embraser, et respire jusqu'au plus profond de moi le parfum des cheveux de celui qui dévergonde mon cœur.

Pourquoi la lumière change-t-elle notre perception de l’intimité ?

Project 213A naît pendant le confinement de 2020, lorsque Jurgita Dileviciute, Theresa Marx et Clément Deboeuf décident de réunir des parcours qui n’avaient, a priori, pas grand-chose à voir : Jurgita et Theresa sont passées par la mode et le design de chaussures à l’University of the Arts London, Clément par la finance à Paris. Le nom ? Déjà écrit : 213A correspond à une adresse londonienne où chacun avait vécu à un moment de ses études, un appartement situé au-dessus d’une laverie, dont la façade se retrouve encore dans le logo.

Lancé en 2021, le studio prend pourtant rapidement ses quartiers créatifs au nord du Portugal, où il ouvre ses propres ateliers de céramique et d’ébénisterie et travaille avec des artisans locaux. Ici, on fabrique aussi bien une table en bois qu’un fauteuil, un miroir ou une immense lampe dont le pied en céramique est sculpté à la main. Les irrégularités ne sont pas corrigées à tout prix : elles font partie de la pièce.

Le Portugal finit même par entrer dans le catalogue : Porto, Minho, Madeira, Melides, Arouca ou Sintra donnent leurs noms aux créations. Et le studio n’a pas vraiment peur des objets un peu étranges : le Foot Stool ressemble à un tabouret de traite auquel aurait poussé un pied humain sculpté dans le bois, tandis que le Mirror Lounge Chair, inspiré du brutalisme, recouvre ses lignes géométriques de miroirs jusqu’à presque disparaître dans la pièce.

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