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Louise Roe Andersen a une théorie sur les tomates. Et les oignons. Ils sont beaux, colorés, vivants : pourquoi faudrait-il les cacher dans un réfrigérateur lorsqu’ils pourraient participer à la composition d’une cuisine ? Une réflexion suffisamment sérieuse pour nourrir le dessin de son Alice Bowl, pensé notamment pour accueillir fruits et légumes à la vue de tous.
L’anecdote raconte assez bien la designer danoise. Depuis la création de Louise Roe Copenhagen en 2010, elle envisage moins l’intérieur comme un exercice de décoration que comme une composition : formes, matières, couleurs et objets doivent se répondre, parfois même se contredire. Elle dit ne pas être fonctionnaliste et compare volontiers un intérieur à un bon plat : il lui faut du doux, de l’amer, du salé, autrement dit, du contraste.
Son processus de création conserve quelque chose de très manuel. Formée avant que la 3D ne devienne omniprésente, Louise Roe travaille encore avec ses carnets et peut passer directement à la pâte à modeler lorsqu’une idée réclame du volume. Une colonne asymétrique aperçue quelque part, une courbe ou une matière peuvent ainsi devenir le point de départ d’un vase, d’une lampe ou d’un meuble.
Cette manière de penser dépasse d’ailleurs les objets. À Copenhague, Louise Roe Gallery & The Roe Bar fait cohabiter mobilier, art, café et magazines vintage chinés par sa fille, Sophia Roe.