Confesser un léger penchant pour la vie de couvent à Nice.

Quatre siècles de prières, quelques bains romains et l’odeur du pain chaud dans le cloître. À Nice, l’Hôtel du Couvent redonne vie à un ancien monastère du XVIIe siècle, où la boulangerie a retrouvé sa place d’origine et les jardins leur herboriste.

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Je devais consacrer mon prochain article à une étrangeté de notre époque. Une préférence nouvelle pour l'apaisement plutôt que l'éblouissement. Curieux renversement. Il suffit de faire défiler les écrans. De l'humour, du vide, beaucoup de vide, quelques merveilles égarées. Et partout, des conseils. Respirez. Ralentissez. Méditez. Guérissez. La vie est une convalescence permanente.

Alors finalement, le bonheur n'est plus une ivresse, c'est un réglage ? Il suffit d'inspirer et expirer 8 sec, poser sa langue sur le palais et toucher son oreille gauche pour retrouver son calme ? Il semblerait que le système nerveux a remplacé l'âme, et la cohérence cardiaque a remplacé la passion.

Mais peut-on s'apaiser sans s'émerveiller ? Sans un oeil exercé, qui sait reconnaître ce qui vaut la peine dans le banal des jours ? Question sérieuse, qui exigeait un lieu sérieux —> Direction Nice, donc, et l’Hôtel du Couvent.

Pour la petite histoire …

Au cœur du Vieux-Nice, un ancien couvent fondé en 1604 connaît une seconde vie. Après plusieurs décennies d’abandon et onze années de restauration, Valéry Grégo transforme cet ensemble historique en hôtel, avec l'ambition de préserver l’esprit du lieu plutôt que d’en réinventer l’histoire.

Aujourd'hui, l'hôtel compte 88 chambres et suites, réparties dans les bâtiments historiques. Sous les voûtes et derrière les façades patinées, le décor privilégie les matières naturelles, les meubles anciens et une élégance volontairement discrète. Les voyageurs circulent entre le cloître, la bibliothèque, les jardins en terrasses et les différents espaces de restauration, dont le restaurant du Couvent et sa cuisine méditerranéenne inspirée des récoltes du potager.

La boulangerie a retrouvé son emplacement d'origine : autrefois, les religieuses traversaient la cour avec le pain fraîchement cuit, laissant son parfum gagner le cloître. Un herboriste perpétue les savoirs botaniques de la maison, tandis que les bains inspirés des thermes romains, les cours de mouvement et la piscine extérieure invitent à prolonger le séjour.

FOOTNOTES

Lire Épicure, Lettre à Ménécée
Épicure enseigne que le bonheur tient en peu de choses… Ne plus souffrir, ne plus craindre, et savoir goûter ce qui est.

Regarder Benedetta, Paul Verhoeven, 2021
Dans l’Italie du XVIIe siècle, Virginie Efira incarne une religieuse tiraillée entre foi et désir. Une question : peut-on faire vœu de sobriété sans renoncer aux plaisirs de la vie ?

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