Mélo à huis clos, ballon de rouge, frites et jeu à gratter : fallait-il vraiment réinventer Paris ?

Zinc, steak-frites, Morpion. Goncourt, la nuit, a des airs de Hopper. Le Cornichon rend au bistrot du coin tout son piquant.

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Ici, ni cliché ni décor carte postale, messieurs dames. Des fantômes, seulement. Le Capitaine accoudé au bar, kawa centenaire sur le zinc, qui note le prénom des clients et leur heure d'arrivée. Et une bande d'amis dont les noms, semaine après semaine, noircissent son carnet. Fidèles comme un tiercé gagnant.

Le temps d'un café ou d'un un steak haché purée maison, devenez turfiste des temps modernes. Prenez une table, grattez votre chance, et laissez la musique de Vincent, François, Paul… et les autres vous trotter dans la tête!

Bienvenue au Cornichon.

Au 2 rue des Goncourt, dans le 11e, l’adresse se présente comme un « café de quartier contemporain ». Bertrand Chauveau et Paul Henri sont amis depuis l’enfance. Quand ils commencent à imaginer leur restaurant en 2023, ils se découvrent la même fascination pour les rades de quartier restés dans leur jus.

Et ils ont poussé le décor très loin. Avec l’agence Claves, ils ont étudié les cafés français tels qu’on les voit dans les archives de l’INA : banquette de velours vert, Skaï et chrome, frise décorative, zinc, flipper, tourniquet à cartes postales…

Derrière ce décor de rade parisien, la cuisine est nettement moins PMU qu’elle en a l’air. Bertrand Chauveau est passé par les cuisines de Jean-François Piège et David Toutain avant de troquer la haute gastronomie pour les banquettes en Skaï du Cornichon. Le décor dit demi, frites et jeu à gratter, le CV, étoilés Michelin.

FOOTNOTES

Film Vincent, François, Paul… et les autres, Claude Sautet, 1974
Livre Dans le café de la jeunesse perdue, Patrick Modiano, 2007

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